SANTE ET TESTS
Afin d'atteindre le niveau 3 (sélectionné) au Système de Qualification des Reproducteurs (SQR) du LOOF, il est demandé de tester les Lykoïs pour PKDef et PRA-rdAc par tests génétiques. Cependant jusqu'alors, aucun Lykoï testé n'en est ressorti positif ou porteur, ce ne sont donc pas des maladies particulièrement liées à la race, mais ce qui n'exclut pas de les tester afin d'éviter un éventuel cas reproducteur.
- Description clinique et histologique du pelage et de la peau du chat Lykoi 2016:
- Etude sur la génétique des Lykoïs juin 2020 : Cliquez ici
- Thèse sur les races félines récentes dont le Lykoï par le Dr Marie Dabert :
Une magnifique thèse en termes de morphologie et santé et tempérament a été faite par le Dr. Marie Dabert en début d'année 2024.
=>368 pages,
=> 51 Lykoï ; dont 30 participants à cette étude.
Nous remercions énormément le Dr. Marie Dabert de nous avoir fait parvenir un résumé de cette étude pour toute la partie LYKOI :
Je suis Marie Dabert, Docteure vétérinaire depuis 2024 et je vais vous présenter un résumé des conclusions de ma thèse d’exercice vétérinaire concernant le Lykoï. Pour rappel, ma thèse avait pour titre et sujet : « Etude de neuf races félines récentes en France en termes de santé, morphologie et tempérament : approche bibliographique et expérimentale par le biais de questionnaires ».
Comme annoncé dans le titre, la première partie de cette thèse est bibliographique. Vous pouvez y lire l’histoire du Lykoï et les données scientifiques actuellement disponibles de la page 66 à 75. En résumé le Lykoï est une race récente à la santé très surveillée, mais qui n’est pour l’instant le sujet que de deux études scientifiques publiées. L’intégration à cette race, de chats à mutations dites « naturelles », c’est-à-dire de chats sans lien apparent avec la race Lykoï mais présentant la même apparence caractéristique, et d’auxiliaires d’élevage, sont bénéfiques pour la santé génétique de la race.
La suite de la thèse comporte deux parties autres, cette fois expérimentales : la deuxième partie porte sur l’élevage des races récentes et la troisième partie porte sur l’étude du tempérament de chaque race récente.
Dans la deuxième partie, il est ressorti que les éleveurs ayant participé à cette étude semblaient tous investi dans l’amélioration de la santé génétique de la race. La liste des tests génétiques à réaliser pour le Lykoï pourrait cependant être rappelée par le LOOF dans un énoncé clair afin que tous les éleveurs réalisent les mêmes tests. L’utilisation des auxiliaires d’élevage apparaissait assez répandue et contribue à l’expansion génétique de la race. Aucun problème médical ou reproductif n’a été rapporté ou mis en évidence. Le Lykoï semblait en moyenne présenter des portées de taille moyenne avec un taux de mortalité nul avant 3 semaines et un taux de césarienne très faible (p.129). L’ajout de nouvelles couleurs a été demandé par certains éleveurs et pourrait permettre d’aider le développement de la race tant que ces couleurs permettent d’établir la proportion de poils blancs parmi les poils de couleurs, ce qui est caractéristique de la race. Ces nouvelles couleurs autorisées pourraient donc être par exemple la division tabby, les panachures blanches peu étendues, et le chocolat (Liste complète suggérée p.132).
Dans la troisième partie, j’étudie le tempérament des différentes races à travers un questionnaire issus d’une étude appelée le Feline Five qui permet l’attribution à chaque chat d’un score dans 5 catégories décrivant son tempérament: Névrosisme, Extraversion, Impulsivité, Ascendance et Caractère agréable (Référence: LICHTFIELD C. A.; GUINTON G.; HAYLEY T., CHIERA, B., KIKILLUS, K.H., ROETMAN, P. (2017) The ‘Feline Five’: An exploration of personality in pet cats (Felis catus) [en ligne].PLoS One, 12(8): e0183455. DOI : 10.1371/journal.pone.0183455. [Consulté le 09/01/2024]. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5568325/).
L’étude du tempérament du Lykoï en comparaison avec les autres races a montré que dans ce travail, le tempérament du Lykoï n’était pas significativement différent du Peterbald, du Donskoy, de l’American Curl, du Munchkin, du Céleste, du Selkirk Rex, et du groupe Burmilla-Asian-Tiffany. Il est cependant significativement différent du Toyger, ce qui signifie que le Lykoï a bien un tempérament différent d’autres races de chats d’élevage, ici le Toyger. En regardant simplement le tempérament moyen des chats de chaque groupe on a pu remarquer que le Lykoï semblait avoir un score bas dans la catégorie « Caractère agréable » et haut dans celle du « Névrosisme ». La qualification de ces scores comme « haut » ou « bas » n’a pas de sens en soi, mais uniquement par comparaison avec les autres races de l’étude. De plus ces scores s’appuient sur de nombreux adjectifs et n’ont pas pour vocation de supplanter en un seul mot l’ensemble des adjectifs qu’on peut attribuer à un chat. Le score haut en Névrosisme et bas en Caractère Agréable du Lykoï dans cette partie de la thèse montrent simplement que les Lykoï semblaient avoir une tendance à l’anxiété ou la timidité un peu plus prononcée que chez les autres races de la thèse. Cependant rappelons que le Lykoï ne se distingue pas significativement de sept des huit autres races. Cette tendance n’est donc pas assez marquée pour distinguer les Lykoï de ces sept autres races.
Par ailleurs en comparant le Lykoï aux chats sans pedigree ayant participé à cette thèse, on remarque que les Lykoï étaient significativement séparés du groupe des chats sans pedigree. Ainsi, bien que les Lykoï aient été à l’origine issus de chats sans pedigree, la sélection a permis un changement de tempérament permettant de distinguer les deux groupes. Les Lykoï ayant participés avaient des scores plus haut en « Extraversion », et « Caractère Agréable » et plus bas en « Névrosisme », « Ascendance » et « Impulsivité » que le groupe des chats sans pedigree.
Globalement, concernant l’étude du tempérament du Lykoï, le nombre de répondants étaient important par rapport à l’effectif, pourtant cela n’a pas augmenté les variations entre les individus, ce qui signifie que de nombreux répondants ont évalués leur Lykoï de manière similaire, et renforce l’idée d’un tempérament spécifique à la race.
Enfin, l’étude des réponses des participants au questionnaire a permis de voir sur quels adjectifs les propriétaires étaient le plus unanimes pour décrire leurs chats. Dans le cas du Lykoï, un seul adjectif est ressorti : Curieux. Les propriétaires n’étaient donc unanimes que sur un seul adjectif. Cela signifie que les Lykoï étaient décrits par de nombreux adjectifs différents, ce qui est également lié au fait que le Lykoï est la race de l’étude pour laquelle il y a eu le plus de répondants différents (30 répondants) et le plus de chats évalués (51 Lykoï). Néanmoins tous les participants ou presque ont défini leur Lykoï comme « Curieux », ce qui fait de cet adjectif un bon descripteur de la race.
En conclusion, le Lykoï est une race récente qui n’a obtenu le statut de Nouvelle Race au LOOF qu’en 2017. En conséquence peu d’études scientifiques sont actuellement disponibles sur cette race. Les résultats du questionnaire d’élevage ont montré que les éleveurs étaient investis dans le développement de la race, conscients de leur portée dans la sélection de celle-ci et vigilants, lors de l’amélioration du patrimoine de la race, à ne pas introduire de maladie. L’étude du tempérament des Lykoï ayant accepté de participer à cette thèse a montré que les individus de cette race étaient quasi-systématiquement décrits comme « Curieux ». L’utilisation de l’étude Feline Five pour décrire le tempérament de ces chats a permis de montrer qu’ils étaient significativement distincts des chats sans pedigree ayant participés, mais aussi d’une autre race, le Toyger. Les Lykoï semblaient avoir tendance à être plus timides que les chats des autres races mais cette tendance n’était pas suffisante pour distinguer le Lykoï des sept autres races de la thèse. Cependant ces résultats rejoignent les observations des éleveurs quant au tempérament du Lykoï, décrivant ces chats sur le site de la LyCIA comme curieux, et devant d’abord accorder leur confiance avant de donner toute leur affection : « Ils sont curieux et très affectueux, adorent donner des câlins et aiment être caressés en retour dès qu'ils vous ont donné leur confiance. » (Référence : Lykoi Cat International Association, LyCIA, Lykoi Cat International Association [en ligne] [Consulté le 10 janvier 2024]. Disponible à l’adresse : https://lykoi-asso.wixsite.com/lycia). Le groupe des Lykoï était en revanche significativement différent de celui des chats sans pedigree, en ayant en moyenne des scores plus hauts que le groupe sans pedigree en scores « Extraversion » et « Caractère agréable » et plus bas en scores « Névrosisme » et « Ascendance », ce qui suggère qu’ils étaient plus amicaux et extravertis que les chats du groupe sans pedigree
Voici le lien vers cette étude très intéressante :
Lors de l'AG de mars 2023, la LyCIA a décidé unanimement avec ses membres de faire des recherches supplémentaires en France sur la peau du Lykoï afin d'en prendre soin correctement. Histoire à suivre, nous viendrons mettre plus d'informations ultérieurement.
Suite à l'étude qu'a lancée la LyCIA auprès de dermatogues en 2024 et à laquelle plusieurs membres de la LyCIA, propriétaires de France, Canada, Belgique mais aussi du monde entier ont participé, voici déjà une première thèse.
Cette thèse n'est pas finie, d'autres sujets viennent s'ajouter à l'étude.
Caractéristiques cliniques, histopathologiques et génétiques d'un syndrome polykystique annexiel cutané chez le chat Lykoi : étude prospective de 10 cas (03/01/2026):
Objectifs
Le Lykoi est une race féline récemment reconnue, caractérisée par un phénotype de pelage unique dû à six variants du gène *Hairless* ( HR ). Un syndrome comédonien cutané sévère spécifique a été décrit chez cette race. L’objectif de cette étude était de réaliser une caractérisation clinique, histopathologique et génétique de ce syndrome.
Méthodes
La collecte prospective de données comprenait une évaluation clinique, des biopsies cutanées pour l'histopathologie, un examen trichoscopique des tiges capillaires, des prélèvements sanguins pour l'hématologie et la biochimie, des écouvillons cutanés pour la culture bactériologique et des écouvillons buccaux pour l'extraction d'ADN et le génotypage.
Résultats
Au total, 11 chats Lykoi appartenant à des particuliers ont été inclus dans l'étude, présentant divers degrés d'atteinte cutanée, ainsi qu'un chat sain. L'âge des chats au moment du diagnostic variait de 1,5 à 7 ans. Le tableau clinique était caractérisé par des lésions papuleuses et des comédons, allant de formes généralisées sévères (n = 6/10) à des formes régionales modérées (n = 2/10) et à des formes disséminées légères (n = 2/10). L'examen histopathologique des biopsies cutanées a révélé des kystes folliculaires infundibulaires (n = 9/10), des kystes des glandes sébacées (canal) (n = 10/10) et des kystes des glandes sudoripares (n = 5/10). L'analyse génétique a identifié 5 des 6 variants HR décrits chez les 10 chats Lykoi atteints et chez le chat Lykoi témoin.
Conclusions et pertinence
Ce syndrome cutané présente une gravité clinique variable qui ne s'explique pas entièrement par le seul génotype. La présence constante de kystes dans les trois annexes cutanées, même sur une peau cliniquement saine, confirme l'existence d'une nouvelle affection cutanée, que nous proposons de nommer syndrome polykystique annexiel cutané (SPAC) chez le chat Lykoi. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour élucider sa pathogénie.
Pour voir toute l'étude : Cliquez ici
Septembre 2025
La prise en charge et les perspectives thérapeutiques : où en est-on ?
En tant qu'association et éleveurs passionnés, la transparence est au cœur de nos engagements. Si la pathologie cutanée qui touche parfois la race Lykoi reste encore rare en France, elle fait l'objet d'une attention constante et d'une collaboration active de notre part avec les chercheurs, notamment à travers notre participation aux récents travaux scientifiques français. Si l'on entend parfois parler de cas plus sévères à l'international, comme dans certains retours de terrain, rassurons les futurs adoptants : la grande majorité des chats vivent une vie tout à fait normale, épanouie et pleine de vitalité.
À ce jour, les suivis cliniques et les différents travaux menés n'ont pas encore permis d'établir un protocole thérapeutique curatif ou préventif définitif. Les approches essayées jusqu'ici (telles que les rétinoïdes) n'ont pas démontré de résultats probants, et les antibiothérapies demeurent des solutions ciblées pour gérer les surinfections secondaires lorsqu'elles se présentent, sans pour autant traiter la cause profonde.
Face à cette absence de solution standardisée validée par la recherche, le quotidien repose sur une gestion adaptée au cas par cas. Les retours d'expérience et les observations de terrain — qu'ils proviennent des recommandations vétérinaires ou des partages au sein de la communauté internationale — permettent d'explorer plusieurs pistes de confort :
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L'hygiène cutanée : L'utilisation de bains adaptés (notamment avec des shampoings spécifiques à base de peroxyde de benzoyle, utilisés avec modération et précaution pour éviter les rougeurs) peut aider à l'action anticomédonneuse et à la gestion de la peau.
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Le soutien interne : Des approches douces de soutien cutané, telles que l'apport en acides gras essentiels (oméga-3), contribuent à nourrir la peau et le pelage.
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La gestion des inflammations : Certains retours de terrain montrent que des ajustements de confort ciblés, encadrés par un vétérinaire (comme de très faibles doses d'anti-inflammatoires), permettent de limiter l'apparition et la rupture des kystes.

